Archives mensuelles : février 2015

L’art de l’épée seule — semaine 9

MS 345 folios 35r – 35v (L’arte de la spada pp. 62 – 63)

40. <A035r-1> Si ton ennemi est accommodé en queue longue étroite avec le pied droit devant tu t’accommoderas dans le même accommodement à l’opposé, et là tu retireras ton pied droit en lui tirant un demi-maindroit à la main de l’épée, et aussi successivement tu lui tourneras un demi-revers encore à ladite main qui fasse rempart en queue longue étroite, et là avec une noble dextérité tu passeras du pied droit en avant en faisant semblant de lui pousser une pointe dans la poitrine en faisant une demi-volte de main et aussi comme il fera un mouvement pour se protéger de ladite pointe, c’est-à-dire qu’il ira avec la pointe de son épée en dehors vers ton côté droit, et toi dans ce temps du caveras ton épée par-dessous la sienne en faisant une demi-volte de main et aussi dans un même temps tu passeras du pied gauche en avant en lui poussant une pointe dans la poitrine, l’épée viendra à se trouver en guise de queue longue haute. Et s’il se défend de ladite pointe d’une quelconque manière, successivement tu passeras du pied droit en avant en rabattant l’épée de l’ennemi avec le vrai tranchant de la tienne quelque peu à l’extérieur vers son côté gauche, et avec cette vitesse qu’il sera possible tu lui tireras une imbroccade par le haut dans la poitrine, l’épée descendra en porte large de fer.

41. <A035r-2> Si ton adversaire se trouve accommodé en queue longue étroite avec le pied droit en avant tu t’accommoderas contre lui dans le même accommodement et là tu feras semblant de lui tourner un demi-maindroit dans son épée afin que lui ne se laisse pas trouver mais que plutôt il la cave par dessous la tienne pour venir te pousser une pointe dans la poitrine, lequel demi-maindroit doit s’arrêter en porte étroite de fer ; et comme il cavera son épée sous la tienne pour venir te pousser la pointe dans la poitrine, successivement tu feras une demi-volte de main en passant le pied gauche dans ce même temps vers son côté droit en lui poussant par derrière son épée une pointe dans la poitrine, ta jambe droite doit suivre la gauche et l’épée doit se trouver en queue longue haute avec le bras bien étendu en avant autant qu’il soit possible.

Cosimo_I_de_Medici_Bronzino

Cosimo I de’ Medici (1519-1574), le fils de Giovanni dalle bande nere – Portrait par Bronzino ca. 1545 ; Galerie des Offices, Florence. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cosme_Ier_de_Toscane

 

42. <A035v-1> Si ton ennemi est accommodé en queue longue étroite avec le pied droit devant et que tu sois disposé dans le même accommodement en face de lui, là tu t’échapperas du pied gauche derrière le droit en faisant une demi-volte de main en poussant une pointe à la main de l’ennemi. Et aussi, tu retireras encore le pied droit en arrière en descendant l’épée en sanglier-porte étroite de fer et de là immédiatement tu retireras le pied droit quelque peu à côté du gauche en faisant une demi-volte de main en t’accommodant en queue longue étroite, et là si ton adversaire te tire ou qu’il ne te tire pas mais qu’il ait encore l’épée à la présence, tu passeras du pied gauche en avant en donnant dans l’épée de l’ennemie un demi-maindroit en la chassant à l’extérieur vers son côté droit et successivement tu passeras du pied droit vers son côté gauche en lui donnant un revers rond à la face, et aussi tu feras que l’épée ne dépasse pas queue longue étroite et s’il se prépare à te frapper d’un coup les parties hautes immédiatement tu laisseras aller la jambe gauche derrière la droite en faisant dans ce temps une demi-volte de main en parant le coup qui vient sur le vrai tranchant de ton épée et par derrière son épée tu lui pousseras une pointe poussée dans la face et tu tourneras la personne autant que tu pourras, l’épée viendra à se trouver en guise de garde d’entrée et après, pour ta sécurité, tu retireras le pied droit en arrière en t’accommodant en queue longue étroite avec le pied gauche devant.

43. <A035v-2> Si ton adversaire est accommodé en porte étroite de fer avec le pied droit devant tu t’accommoderas à son encontre dans le même accommodement et là tu tireras le pied droit près du gauche et successivement tu passeras du gauche quelque peu vers son côté droit en lui faisant semblant de lui pousser une pointe dans la poitrine, et comme il fera un mouvement pour se protéger de ladite pointe, toi successivement tu passeras du pied droit un grand pas vers son côté gauche en cavant dans ce temps ton épée sous la sienne en la lui rabattant à l’extérieur vers son côté droit avec un demi-maindroit, et successivement tu lui donneras un demi-revers dans la face en faisant que l’épée ne dépasse pas queue longue étroite et si l’ennemi se prépare à te frapper les parties hautes d’un quelconque coup, tu laisseras aller la jambe gauche derrière la droite en faisant une demi-volte de main et ainsi tu lui pousseras une pointe dans la face en parant le coup de l’ennemi avec le vrai tranchant de ton épée, et aussi dans ce temps tu lui pousseras ladite pointe dans la face et tu tourneras la personne autant que tu pourras en chassant l’épée bien en avant.

DDG

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L’art de l’épée seule — semaine 8

MS 345 folios 33v – 34v (L’arte de la spada pp. 60 – 62)

35. <A033v-2> Ton adversaire se trouvant dans n’importe quel accommodement qu’il souhaite, tu t’accommoderas à son opposé en porte large de fer avec le pied droit devant, et de là, dans un tel accommodement tu seras avisé que s’il te tire un coup pour te frapper les parties hautes tu te protègeras du coup qui vient avec le faux de ton épée qui ne dépassera pas la garde de face, et successivement tu passeras du pied droit quelque peu en avant en lui poussant une pointe dans le visage et tu feras que l’épée fasse rempart en garde de face, et successivement sans aucun retard, tu passeras du pied gauche en avant en faisant une demi-volte de main en lui poussant une impétueuse imbroccade par le haut dans le visage ou dans la poitrine, la jambe gauche suivra la droite[1] quelque peu par derrière et l’épée viendra à se trouver en guise de queue longue haute avec le bras bien étendu autant que tu pourras et aussi pour ta protection tu retireras ton pied gauche en arrière en faisant à ce moment une demi-volte de main en t’accommodant en porte étroite de fer.

36. <A034r-1> Ton adversaire se trouvant dans n’importe quel accommodement qu’il souhaite, tu t’accommoderas à son opposé en porte large de fer avec le pied droit devant, et de là, dans un tel accommodement tu seras avisé que s’il te tire un coup pour te frapper les parties hautes, tu te protègeras du coup qui vient avec le faux de ton épée qui ne dépassera pas la garde de face, et successivement tu passeras du pied gauche vers sa partie droite en lui poussant une pointe dans la face, la jambe droite doit suivre la gauche quelque peu par derrière et l’épée doit se trouver en guise de sanglier porte haute de fer, et sans aucun retard tu passeras du pied droit en avant en faisant dans ce temps une demi-volte de main en rabattant l’épée de l’ennemi en dehors vers son côté gauche et immédiatement tu lui tireras une imbroccade par le haut dans le visage en faisant que l’épée descende en porte large de fer.

Titien_Francesco-Maria-della-Roverer

Francesco Maria I Della Rovere (1490-1538) – Portrait par Le Titien ca. 1536/38 ; Galerie des Offices, Florence. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/François_Marie_Ier_della_Rovere

 

37. <A034r-2> Si ton ennemi est accommodé en porte haute de fer ou en queue longue étroite avec le pied droit devant, tu t’accommoderas en face de lui en porte large de fer avec le pied droit devant et de là tu lui rabattras son épée avec le faux de la tienne vers son côté gauche, et sans délai tu passeras du pied droit quelque peu en avant en faisant semblant de lui pousser une pointe dans la face, et comme il voudra se protéger de ladite pointe, subitement tu jetteras ton pied droit quatre doigts vers son côté gauche en cavant ton épée par dessous la sienne, et dans ce temps tu feras une demi-volte de main en lui donnant à voir de vouloir lui pousser une pointe dans la face, et comme il fera un mouvement pour se défendre de la susdite pointe, successivement tu passeras du pied gauche un grand pas vers son côté droit en cavant ton épée par dessous la sienne en lui poussant une imbroccade par le haut dans la poitrine à son côté droit, et pour cette botte-ci il sera nécessaire que, comme tu as cavé ton épée par dessous la sienne, tu chasses le vrai tranchant de ton épée dans celle de ton ennemi, et la tenir pressée vers le sol et aussi dans un même temps lui pousser par derrière son épée une imbroccade par le haut dans la poitrine, l’épée viendra à se trouver en queue longue haute avec le bras bien étendu en avant autant que tu pourras, de là subitement tu retireras le pied gauche en arrière en faisant une demi-volte de main en t’accommodant en porte étroite de fer.

38. <A034v-1> Si ton adversaire est accommodé en queue longue étroite avec le pied droit devant, tu t’accommoderas à l’opposé avec le gauche devant en queue longue étroite, et là tu lui donneras un demi-maindroit dans son épée en la mettant dehors vers son côté droit en faisant donc que la tienne ne dépasse pas sanglier-porte haute de fer, et successivement tu passeras du pied droit vers son côté gauche en lui tirant un revers rond au visage qui ne dépassera pas queue longue étroite, et si lui se prépare à te frapper d’une pointe poussée dans la poitrine, toi immédiatement tu feras une demi-volte de main en mettant le vrai tranchant de ton épée dans ladite pointe, et ainsi tu la pousseras dehors vers son côté gauche, mais dans ce même temps, par derrière son épée tu lui pousseras une pointe dans la face en faisant que ta jambe gauche aille derrière la droite, et dans cette action tu tourneras la personne autant que tu pourras pour que tu puisse mieux le blesser de ta pointe, tu pourrais encore accroître du pieds droit aussi de quatre doigts en avant afin que la botte susdite réussisse mieux dans ce temps.

39. <A034v-2> Si ton ennemi est accommodé en queue longue étroite ou en porte étroite de fer avec le pied droit devant, tu t’accommoderas en porte étroite de fer avec le pied droit devant à son encontre, et là tu lui donneras du faux tranchant de ton épée dans la sienne en la lui repoussant dehors vers son côté gauche, et successivement tu passeras du pied gauche un grand pas vers son côté droit en lui tirant un demi-maindroit à la face ou au bras de l’épée qui ne dépasse pas sanglier-porte de fer étroite, et là sans aucun retard tu passeras du pied droit un grand pas vers son côté gauche, et dans ce déplacement tu caveras ton épée par dessous la sienne en en chassant le vrai tranchant de ton épée dans la sienne en poussant de toute tes forces vers son côté droit ou en la tenant pressée vers le sol, ainsi dans ce temps-ci, par derrière son épée, tu lui pousseras dans la poitrine une pointe poussée en laissant aller ton pied gauche derrière le droit et tu tourneras la personne autant que tu pourras pour pouvoir mieux l’atteindre de la pointe susdite. Ensuite tu retireras ton pied droit en arrière en t’accommodant en queue longue étroite avec le pied gauche devant.

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[1] Il se pourrait qu’il y ait une erreur dans la description du déplacement. Compte tenu que le pied gauche est devant à ce moment, on s’attend à ce que le pied droit le suive derrière. De plus il est précisé que le pied gauche est retiré en arrière lors du retour en garde. Nous devrions donc corriger ce bout de phrase en « la jambe droite suivra la gauche quelque peu par derrière ».

DDG

L’art de l’épée seule — semaine 7

MS 345 folios 33r – 33v (L’arte de la spada pp. 59 – 60)

Au nom de Dieu.

31. <A033r-1> Si ton ennemi est accommodé en queue longue étroite avec le pied droit devant, tu t’accommoderas en queue longue étroite avec le pied gauche devant dans l’attitude de vouloir lui tirer une estocade vissée afin de le blesser à la poitrine de la dite estocade et ainsi tu feras semblant de lui tirer ladite estocade vissée, et comme il voudra se protéger de l’estocade susdite tu ne laisseras pas toucher ton épée par la sienne d’aucune manière mais avec rapidité tu la caveras par dessous la sienne en passant immédiatement avec le pied droit en avant, mettant le vrai tranchant de ton épée sur celle de l’ennemi et la lui tenir pressée vers le sol et dans ce temps tu lui pousseras par derrière son épée une pointe à la poitrine, et si il se sauve de ladite pointe, avec une rapidité admirable tu retireras le pied droit en arrière en lui donnant une pointe poussée dans la main de l’épée, en t’accommodant après en queue longue étroite avec le pied gauche devant.

32. <A033r-2> En étant resté dans le précédent chapitre en queue longue étroite avec le pied gauche devant contre ton ennemi, tu seras avisé que s’il te tire un maindroit pour te frapper à la tête tu pourras faire une chose, (et) que s’il te tire ledit maindroit dans ton épée du milieu en avant vers la pointe il te faudra en faire une autre, laquelle, lui te tirant le coup dans l’épée, il te faudra être avisé de ne pas te laisser trouver ton épée avec la sienne mais le laisser aller en vain et immédiatement lui pousser une pointe dans les flancs, et si le maindroit vient vers la tête tu pourras lui donner un demi-maindroit dans le bras de l’épée.

Stefano_IV_Colonna-Bronzino

Portrait de Stefano IV Colonna (1546) par Angelo di Cosimo Tori dit le Bronzino Rome, Palais Barberini, Galerie nationale d’art ancien.

 33. <A033r-3> Ton ennemi se trouvant dans la garde qu’il souhaite, tu t’accommoderas en garde de la licorne avec le pied droit devant, et là tu lui tireras une imbroccade par le haut en passant quelque peu en avant avec le pied droit, laquelle imbroccade tu dois la tirer à la main de l’épée, et de là, l’épée descendra en porte large de fer, et là tu seras avisé que s’il te riposte d’un coup tu te défendras avec le faux tranchant de l’épée qui ne dépassera pas la garde de face et immédiatement tu passeras quelque peu le pied droit devant en lui poussant une pointe dans le visage en tenant l’épée ferme en avant sans la retirer en arrière avec le bras bien allongé en avant, et ainsi, s’il te tire un coup tu feras une demi-volte de main parant son coup avec le vrai tranchant de ton épée et successivement tu passeras avec le pied droit devant en lui poussant une imbroccade dans la face et tu feras que la jambe gauche suive la droite par derrière, l’épée viendra à se trouver en guise de porte étroite de fer avec le bras bien allongé en avant autant que tu pourras.

34. <A033v-1> Si tu es accommodé en queue longue étroite avec le pied droit devant et que ton adversaire te tire un maindroit pour te frapper à la tête, tu te protègeras en faisant une demi-volte de main en rencontrant son coup avec le vrai tranchant de ton épée en guise de porte haute de fer, et dans cette action, la jambe gauche doit aller quelque peu à côté de la droite, et ainsi immédiatement tu passeras du pied droit en avant en lui poussant une pointe dans la face en faisant que l’épée s’arrête en avant avec le bras bien étendu autant que tu pourras, et s’il se prépare à te frapper une autre fois la tête ou la face d’un maindroit ou d’une pointe, tu te protègeras aussi avec le vrai tranchant de ton épée en lui poussant sa botte dehors vers son côté droit et aussi avec toute la rapidité qu’il soit possible tu passeras quelque peu du pied droit en avant en lui poussant une pointe impétueuse dans la face ou dans la poitrine en t’accommodant après pour ta sécurité en porte de fer étroite, et s’il ne te plaît pas de le frapper de ladite pointe tu pourras lui tirer un revers traversé au visage et à la poitrine qui descende en queue longue étroite.

DDG

L’art de l’épée seule — semaine 6

MS 345 folios 31v – 32v (L’arte de la spada pp. 57 – 59)

25. <A031v-2> Si ton adversaire est accommodé en queue longue étroite avec le pied droit devant, tu t’accommoderas dans le même accommodement et là tu passeras de travers le pied gauche vers son côté droit en lui tirant un demi-maindroit à la main de l’épée qui ne dépassera pas sanglier-porte étroite de fer, et s’il se prépare à vouloir te frapper un coup aux parties hautes, tu passeras du pied droit un grand pas en avant quelque peu vers son côté gauche. En tel déplacement tu feras une demi-volte de la main en parant le coup de l’ennemi avec le vrai tranchant de ton épée en guise de garde de tête, et dans le même temps tu feras tout pour pousser son épée vers son côté gauche afin d’avoir l’occasion de lui donner dans la face une pointe poussée ; et aussi, s’il ne te tire aucun coup pour te frapper, je ne veux pas que tu arrêtes de passer en avant du pied droit en chassant le vrai tranchant de ton épée sur celle de ton adversaire en lui poussant une pointe dans la poitrine, ton épée viendra à se trouver dans une telle action en guise de queue longue étroite ou haute avec le bras bien étendu en avant autant que tu pourras. Et si ici ton ennemi s’en va sur ton côté gauche en te tournant un maindroit pour te frapper la tête, tu laisseras aller la jambe gauche derrière la droite en faisant dans le même temps une demi-volte de main en te protégeant du coup qui vient avec le vrai tranchant de ton épée en guise de garde d’entrée. Cependant, il sera nécessaire dans cette défense de presser ou d’écraser l’épée de l’ennemi vers son côté droit de telle sorte que de force tu lui pousses une pointe dans la face, et tu tourneras ta personne autant que tu pourras pour pouvoir mieux l’atteindre.

26. <A032r-1> Ton ennemi se trouvant dans quelque accommodement qu’il veuille, tu t’accommoderas en garde de licorne avec le pied droit quelque peu en avant du gauche et là tu passeras du pied droit quelque peu en avant en lui tirant une imbroccade par le haut à sa main de l’épée qui descende en porte de fer étroite ou large – comme tu voudras –, et s’il te répond d’un coup pour te frapper les parties hautes tu te défendras avec le faux tranchant de l’épée en passant immédiatement avec le pied gauche un grand pas vers son côté droit en lui tirant un maindroit au visage ou au bras de l’épée qui descende en sanglier-porte étroite de fer, tu laisseras aussi aller la jambe droite derrière la gauche, quelque peu raccourcie[1], et de là, soudainement tu passeras du pied gauche en avant en faisant en tel temps une demi-volte de main en lui poussant à le même temps une pointe poussée dans la poitrine derrière son épée à son côté droit si c’est possible ; et là s’il se prépare à te tourner un maindroit pour te frapper la tête, immédiatement tu passeras du pied droit un grand pas vers son côté gauche en faisant en tel déplacement une demi-volte de main en lui poussant une pointe au visage. Avec ce procédé tu viens à frapper et te défendre en un même temps mais il te sera nécessaire que le coup de l’ennemi arrive sur le vrai tranchant de ton épée et dans ce même temps tu lui pousseras ladite pointe dans le visage, ta jambe gauche doit aller derrière la droite fidèlement.

27. <A032r-2> Si ton ennemi est accommodé avec l’épée à la présence avec son pied droit devant, tu t’accommoderas à son encontre en porte large de fer, et de là tu tourneras un revers rond au visage par-dessus son épée en faisant que l’épée ne dépasse pas queue longue étroite et successivement tu passeras du pied gauche quelque peu vers son côté droit en feignant de lui pousser une pointe dans les flancs à son côté droit, et comme il s’accommodera pour vouloir se défendre de ladite pointe, soudainement tu caveras ton épée par-dessous la sienne en passant en même temps du pied droit vers son côté gauche, dans ce déplacement tu chasseras le vrai tranchant de ton épée sur celle de ton adversaire en la poussant de force vers son côté droit ou en la pressant quelque peu vers le sol et encore tu lui chasseras une pointe dans les flancs, la jambe gauche doit suivre fidèlement la droite et dans cette même action tu tourneras la personne autant que tu pourras, l’épée viendra à se trouver en guise de garde d’entrée.

Giovanni-dalle-Bande-nere_GPPace

Portrait de Giovanni di Medici (1498-1526) encore connu sous le nom de Giovanni dalle Bande Nere. Il fut élève de Guido Antonio de Luca comme Achille Marozzo. Selon A. Viggiani il faisait beaucoup usage de la garde de la porte étroite de fer (Quinta guardia stretta, difensiva, perfetta de Viggiani). (Portrait par Gian Paolo Pace ca. 1545 ; Galerie des Offices, Florence)

 

28. <A032v-1> Si ton adversaire est accommodé avec l’épée à la présence avec son pied droit devant, tu t’accommoderas en queue longue étroite avec le pied gauche à devant, et là tu tireras le pied gauche pour le joindre au droit en faisant une fausse taille ronde, et conséquemment tu passeras du pied droit en avant en lui tournant un demi-maindroit à la main de l’épée ; comme il fera un mouvement pour se défendre dudit coup, soudainement tu feindras de lui pousser une pointe dans la poitrine à son côté droit en passant de ton pied gauche dans ce temps en avant, mais avec vitesse tu passeras du pied droit un grand pas vers son côté gauche en cavant ton épée par dessous celle de l’ennemi, en lui poussant une pointe dans la poitrine. Mais il te sera nécessaire en faisant ce coup de chasser le vrai tranchant de ton épée dans celle de l’ennemi en la pressant quelque peu vers son côté droit ou de lui écraser au sol et ainsi dans un même temps, par derrière son épée, tu lui pousseras une pointe dans les flancs en faisant que la jambe gauche suive la droite par derrière fidèlement, et aussi tu tourneras ta personne autant que tu pourras pour avoir l’occasion de pouvoir mieux le frapper de la pointe poussée ; ton épée viendra à se trouver en guise de garde d’entrée.

29. <A032v-2> En étant resté dans le paragraphe précédent en guise de garde d’entrée avec l’ennemi, si l’adversaire s’était protégé de la pointe susdite et en se trouvant joint dans l’accommodement susdit, tu seras avisé de passer soudainement du pied gauche vers son côté droit en lui tournant un revers de bas en haut à son bras de l’épée, ton épée s’arrêtera en garde de licorne et ta jambe droite doit suivre derrière la gauche. En te trouvant là, conduit dans tel accommodement, successivement tu passeras du pied droit en avant en lui tirant une imbroccade par le haut dans sa personne qui descende en porte étroite de fer.

30. <A032v-3> Mais, si pendant que tu vas pour passer du pied gauche, à lui tourner le revers de bas en haut, que lui se protège dudit coup en l’écrasant quelque peu vers le sol de manière que tu n’ais pas la liberté d’aller lui tirer la susdite imbroccade par le haut, là dans une telle action, tu seras très rapide à lui faire avec ta main gauche une prise à la sienne de l’épée, ainsi tu le frapperas après avec la tienne (épée) où il te paraîtra le mieux.

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[1] La transcription dans l’Arte de la spada est  ac(c)oc(ci)atta mais les dictionnaires consultés ne donnent que le verbe accorciare « raccourcir, amoindrir, réduire, accourcir ».

DDG